La restauration du Rouge-Cloître
La restauration des jardins historiques est en cours!
Vidéo de Françoise Lecomte

Il existe peu de sites en Région bruxelloise aussi exceptionnels que le Rouge-Cloître. Chargé d’histoire, cet ancien site monacal est doté de nombreux atouts architecturaux, historiques, naturels, culturels, récréatifs,… Aujourd’hui essentiellement dédié aux loisirs des Bruxellois et des touristes, le site fut longtemps délaissé par les autorités. Il présente une dégradation importante de ses infrastructures et de son environnement. Depuis quelques années, les pouvoirs publics ont décidé de restaurer le site et d’en réorganiser le fonctionnement selon une vision globale et respectueuse du passé du lieu afin d’en faire un lieu incontournable de l’image de Bruxelles.
Des moyens importants ont déjà été mis en œuvre par :
- l’Etat fédéral qui, dans le cadre de l’accord de coopération BELIRIS, consacre un budget spécifique à la restauration du mur d’enceinte (première phase de travaux en 2004, phase finale programmée pour fin 2006) ;
- la Région de Bruxelles-Capitale dont l'administration de l'Environnement, l’IBGE, a rénové la périphérie du site (plaine de jeux, les étangs, la grande prairie,…). Elle entame maintenant les travaux de restauration du site intra-muros ;
- la Régie Foncière de la Région de Bruxelles-Capitale qui a entamé des travaux d’infrastructure sur certains des bâtiments historiques présents dans le site ;
- la commune d’Auderghem, qui a réalisé plusieurs investissements pour la rénovation des bâtiments dont elle a la charge.
Un chantier ambitieux pour un lieu d'exception
Le Rouge-Cloître est un lieu de loisir par excellence. Le but de l'IBGE est de revitaliser cette fonction, en modernisant les infrastructures d’accueil du site selon des principes de restitution historique. L’enjeu est de créer un ensemble cohérent qui satisfait le plus grand nombre de visiteurs et d’usagers tout en limitant les nuisances et les dégradations pour les zones sensibles.
Le projet se déroule en quatre phases et comporte les éléments prioritaires suivants :
- maintien de la zone de réserve naturelle (seules quelques interventions périphériques sont réalisées en complète conformité avec les principes du plan de gestion de la réserve) ;
- interventions favorables à la biodiversité telles que plantation d’un verger, plantation d’essences et de plantes indigènes, protection des zones de valeur écologique ;
- dépollution du sol (2 zones identifiées) : les terres polluées seront évacuées vers un centre de décontamination agréé ;
- terrassement des terres en vue de restaurer les zones abîmées par l’érosion ou les travaux historiques (assainissement des fondations du mur d’enceinte et des bâtiments, limitation des inondations). Les déblais sont limités au minimum de sorte de permettre la protection des vestiges enterrés et de minimiser les quantités à transporter. La terre déblayée est réutilisée sur place ;
- lutte contre les inondations par la mise en place d’un système d’égouttage performant et un système de régulation de la nappe (creusement de viviers, installation drainante) ;
- mise en place d’un réseau séparatif des eaux de ruissellement et des eaux usées qui sont traitées par des stations d’épurations locales ;
- assainissement de la fosse à fumier ;
- réduction drastique du trafic motorisé ;
- gestion plus adéquate du parking à l’intérieur du site ;
- pose de revêtements de sol adaptés aux différents types d’utilisation en vue d’une meilleure durabilité et d’un plus grand confort d’utilisation.
L’aménagement des jardins
L’IBGE a entamé en mars 2006 des travaux d’aménagement des jardins historiques de l’abbaye.
Ce projet d’aménagement est le fruit de plusieurs années d’études et de concertation avec les instances concernées : CRMS, AATL, Région, Commune d’Auderghem, etc.
Pour l’élaboration du projet d’aménagement, l’IBGE a fait appel à un bureau d’étude paysagère de grande renommée : JNC International. Il consiste en une restitution historique des jardins, adaptée aux besoins et à la fréquentation moderne du site.
L’aménagement a été programmé en plusieurs phases successives et logiques, de sorte à perturber le moins possible le biotope fragile, l’activité culturelle et la fréquentation du site.
Abattage et élagage des arbres
Chaque arbre présent sur le site du Rouge-Cloître a fait l’objet d’un diagnostic phytosanitaire par un bureau d’experts spécialisés (ARBOCURA), dont les résultats ont eux-mêmes été vérifiés et confirmés par un dendrologue.
Les résultats de ces analyses ont amené à la décision d'abattage pour des raisons sanitaires d'un peu moins de 100 arbres de différentes tailles, la plupart de ces arbres représentant un danger pour un site connaissant une telle fréquentation.
Citons par exemple : des hêtres atteints d’armillaire, des marronniers en fin de vie présentant différents signes de dépérissement et d’attaques cryptogamiques, différentes essences mal adaptées au milieu ou présentant des déséquilibres de toutes sortes.
De manière plus marginale, certains arbres seront abattus ou élagués par intérêt paysager ou écologique (ré-ouverture de vues sur la vallée, éclaircissement des strates herbacées).
Un chantier adapté à la fragilité du site
Le site du Rouge-Cloître présente un intérêt écologique certain : il est à cet égard classé dans le cadre du réseau Natura 2000. Il recèle par ailleurs dans son sous-sol de nombreux vestiges archéologiques qu’il convient de ne pas abîmer.
Pour ces raisons, le principal critère d’attribution du marché d'abattage a été l’utilisation de techniques d’abattage et d’organisation de chantier les plus respectueuses de l’environnement.
Il a été prêté la plus grande attention :
- au démontage des grands arbres (abattage par sections successives) de sorte à éviter au maximum les dégâts lors de leur chute ;
- à l’utilisation d’un matériel et de machines légers adaptés à la fragilité des sols ;
- au planning de chantier qui s’organise par zones d’interventions successives pour éviter une trop grande perturbation de la circulation et des accès dans et alentours du site
Suite des travaux
La seconde phase des travaux débutera à la mi-mai et consistera en l’aménagement des revêtements et pose des impétrants (câblages, canalisations). Elle concerne en particulier toute la zone d’entrée (cour d’accueil et grande cour) ainsi que tout l’axe de circulation nord du site : axe traversant la cour de la ferme jusqu’à l’entrée (Kalkpoort) située à proximité du grand étang de pêche.
Suivi des travaux
Deux chantiers sont en cours et un autre commence prochainement au Rouge Cloître:
- Rénovation des jardins – phase 1 : fin mai 2007
- Restauration de la maison du Portier : 120 jours ouvrables à partir de 1 mars, fin vers fin 2007
- Restauration du mur d’enceinte:
650 jours ouvrables à partir du 15 avril, chantier organisé par petits tronçons
et avec emprise au sol limité, fin en 2009.
D'autre part plusieurs études sont en cours pour améliorer la mise en valeur du site.
Un plan de circulation repensé
Une des nuisances les plus importantes dans le site de Rouge-Cloître est la présence excessive des véhicules automobiles. L'objectif est d'y donner la priorité à la mobilité douce.
- Dès à présent, la circulation automobile est strictement réglementée sur le site du Rouge-Cloître :
- Le trafic de transit est désormais interdit dans le site. Seuls le parvis et la place dans le Rouge Cloître sont accessibles en permanence aux véhicules. Toutefois, pour des raisons pratiques et de sécurité, le site pourra être accessible au trafic automobile et de service.
- L’accessibilité sera garantie pour les personnes à mobilité réduite. Des aménagements spéciaux et des places de parking seront prévues pour ces usagers, en fonction de la réglementation.
Information sur la restauration d'après Bruxelles Environnement - IBGE.

