Extension des zones de protection spéciale et des réserves forestières
Explication des nouvelles mesure de protection par Stéphane Vanwijnsberghe - Ingénieur – Chef de la sous-division Nature et Forêt.
Le plan de gestion de la partie bruxelloise de la Forêt de Soignée, approuvé
par le Gouvernement régional en avril 2003, prévoyait d’élargir les zones de
protection à 30% de la surface de la forêt et d’étendre les réserves
forestières. Ces dispositions visaient, dans cette forêt fortement fréquentée
par le public, à améliorer la préservation des milieux naturels les plus riches
et à favoriser le développement de la biodiversité sur l’ensemble du massif[1].
En 2006, Bruxelles
Environnement - IBGE préparait des projets pour localiser ces extensions. Il confia à la plateforme de la Forêt de Soignes l’organisation
d’une consultation publique qui comprenait un réunion d'information publique. Cette réunion s’est tenue en janvier 2007 à la Maison Haute (Boitsfort) en
présence de la Ministre
de l’environnement Evelyne Huytebroeck et plus de 80 personnes y ont assisté. (plus d'information? lire le compte rendu de la soirée)
Au cours de cette soirée, trois types d’avis se dégagèrent des discussions qui suivirent la présentation du projet :
- les personnes satisfaites que la nature soit d’avantage protégée en forêt de Soignes ;
- les personnes qui déploraient que les chiens ne puissent plus se promener sans laisse dans ces zones ;
- et
les personnes qui s’interrogeaient sur la manière dont les gestionnaires pourraient
faire respecter ces nouvelles dispositions.
Suite à cette rencontre, les
utilisateurs de la forêt avaient également la possibilité de remettre leur avis
par écrit à la plateforme jusqu’au 30 janvier et 14 personnes utilisèrent ce
canal pour s’exprimer.
Les projets furent également discutés au Conseil Supérieur Bruxellois pour la Conservation de la Nature. Les quatre communes concernées par la forêt (Auderghem, Uccle, Waetermael-Boitsfort et Woluwé-Saint-Pierre) furent également consultées.
L’ensemble des réactions conduisit Bruxelles Environnement - IBGE à modifier les projets[2] initiaux pour arriver aux versions qui furent approuvées par le Gouvernement bruxellois en septembre 2007[3].
In fine, la situation a évolué comme suit :
|
Statut de protection |
|
Anciens arrêtés |
|
Nouveaux arrêtés |
|||
|
|
Superficie (ha) |
% de la forêt |
|
Superficie (ha) |
% de la forêt |
||
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Réserve forestière |
|
89,58 |
5,41 |
|
117,87 |
7,11 |
|
|
Réserve naturelle |
|
50,78 |
3,06 |
|
50,78 |
3,06 |
|
|
Zone de protection |
|
97,17 |
5,86 |
|
564,66 |
34,08 |
|
|
Réserve archéologique |
|
13,21 |
0,80 |
|
13,21 |
0,80 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Total |
|
250,75 |
15,13 |
|
746,53 |
45,05 |
|
Ainsi, ces nouvelles dispositions ont permis de multiplier par trois les surfaces où des limites de fréquentation doivent être respectées : dans toutes ces zones, les promeneurs doivent impérativement rester sur les chemins et les chiens doivent être tenus en laisse.
Dans le reste de la forêt, les chiens peuvent ne pas être tenus en laisse, mais le propriétaire doit en avoir la maîtrise. Le public est également autorisé à sortir des chemins (Ordonnance du 30 mars 1995 relative à la fréquentation des bois et forêts dans la Région de Bruxelles-Capitale).
BE-IBGE a édité un dépliant qui
vise à informer et sensibiliser le public sur ces nouvelles dispositions. Il
peut être obtenu en le téléchargeant sur ce site ou en téléphonant au n° général de BE-IBGE 02/775.75.75.
Enfin, afin d’assurer le respect de ces nouvelles dispositions, les effectifs des surveillants forestiers devraient être augmentés et leur horaire de présence sur le terrain devrait être aligné sur la présence du public en forêt, c’est-à-dire : après les heures de travail, les WE et jours fériés.
Stéphane VANWIJNSBERGHE
Ingénieur – Chef de la
sous-division Nature et Forêt
[1] Afin de combiner la préservation de la forêt et son usage par le public, les zones les plus sensibles bénéficient de trois statuts particuliers :
- Zones de protection : au nombre de 4. Ce sont des zones refuges pour la faune, des zones fragilisées en voie de recolonisation ou des parcelles de plantation ou de régénération vulnérables.
- Réserves forestières : il y en a 2 en Forêt de Soignes. La réserve forestière du Rouge-Cloître qui vise au maintien du faciès de la chênaie à jacinthe et la réserve forestière du Grippensdelle dans laquelle est appliquée une gestion de type intégrale.
- Réserves naturelles : au nombre de 5. Elles abritent une faune et une flore vulnérables ne supportant ni dérangement ni piétinement. Ces espaces sont clôturés par endroits et partiellement interdits à la pénétration du public.
[2] La réserve forestière du Rouge-Cloître a été étendue au nord en y incluant la zone de protection n°5. La zone de protection n°2 a été étendue au sud jusqu’à la drève des Bonniers. La zone de protection n°3 a été diminuée au nord jusqu’à la drève des Enfants Noyés.
[3] Arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 27 septembre 2007 donnant à certaines parties de la Forêt de Soignes le statut de zone de protection spéciale et Arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 27 septembre 2007 donnant à certaines parties de la Forêt de Soignes le statut de réserve forestière.

