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Des mygales en Forêt de Soignes

Des mygales en Forêt de Soignes ?! Peut-être pensez-vous qu’il s’agit d’une mauvaise blague voire de spécimens importés accidentellement dans des cageots de fruits exotiques en provenance de contrées lointaines ? Pas du tout ! Dans nos régions vit en effet une espèce de ce groupe d’araignées qui procurent tant de frayeurs aux humains. Et Atypus affinis – c’est son nom scientifique - est présente sous la Hêtraie cathédrale !

Mais rassurez-vous ! Avec ses 15 à 20 mm de long et sa coloration brunâtre, Atypus affinis fait toutefois figure de nain, ne rivalisant pas en taille avec les espèces des régions tropicales dont les plus grandes peuvent atteindre près de 20 cm, avec des colorations souvent plus contrastées. Il n’empêche qu’il s’agit bien d’une vraie mygale caractérisée par ses crochets (chélicères) qu’elle actionne dans un plan vertical pour attraper ses proies, ce qui la distingue de tous les autres groupes d’araignées.

En réalité, la présence de la mygale dans la région bruxelloise n’est pas une nouveauté puisque des publications anciennes la renseignaient déjà en 1896, à Boitsfort et à Uccle. Et après plus d’un siècle sans observation, elle a été redécouverte récemment… « C’est en effet il y a un peu plus de 10 ans que j’ai décelé cette araignée, à l’occasion d’une balade en forêt, nous explique le naturaliste Franck HIDVÉGI. Si la présence de cette espèce en Belgique n’est pas un scoop, je fus néanmoins surpris de découvrir quelques nids au bord d’un chemin ombragé où je n’imaginais pas la trouver. Plus récemment, j’ai trouvé un second site plus favorable à l’espèce, sur un talus forestier, à cheval sur les régions bruxelloise et flamande. Depuis, j’ouvre l’œil chaque fois que je me promène en forêt… »

Contrairement aux autres araignées qui ne vivent qu’une saison, Atypus a une longévité exceptionnelle pouvant atteindre 7 à 8 ans. Elle vit dans une toile en forme de tube qui ressemble à un « doigt de gant » mi enterré, mi aérien. Cette toile sert à la fois de refuge et de piège pour les insectes, mille-pattes et autres cloportes qu’elle capture à l'affut dans la partie aérienne de son nid.

Ce n’est que durant la période de reproduction et de nuit que les mâles quittent leur toile à la recherche d'un nid occupé par une femelle. Autant dire qu’il est très rare de les observer ! Plus que les individus errants, c’est donc les toiles qu’il faut déceler lorsqu’on veut prouver la présence de l’espèce sur un site… 

Mais où les chercher ? Notre mygale affectionne particulièrement les terrains sablonneux ou calcaires bien drainés et ensoleillés. Probablement était-elle plus abondante auparavant, en particulier dans les landes à bruyères. Mais en Forêt de Soignes, ces landes ont totalement disparu et il ne subsiste plus que quelques pieds de bruyères, ça et là, le long de chemins creux bien ensoleillés et non érodés…

Présent actuellement en deux endroits, Atypus affinis est donc une espèce rare et localisée en Forêt de Soignes. Mais sa discrétion est telle qu’il n’est pas impossible de la retrouver dans d’autres sites de la forêt. Aussi si vous en découvrez, n’hésitez pas à transmettre vos observations !

 

Pour continuer la découverte


Par Franck Hidvegi - Dernière modification 26/08/2009 14:21
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