Outils personnels
Vous êtes ici : Accueil Qui est qui? Associations COWB Quand les Zoziaux chantent...

Quand les Zoziaux chantent...

Sur la petite centaine d’espèces d’oiseaux présents à Bruxelles, un grand nombre s’observe en forêt de Soignes. Le poumon vert de la capitale offre une panoplie d’habitats où ils s’égosillent à tue-tête… A vos jumelles !

 

Il faut être motivé pour enfiler ses jumelles et ses bottines, singulièrement un dimanche matin à l’heure où la plupart d’entre-nous préfèrent s’attarder, pantoufles aux pieds, devant un café et des croissants chauds… Mais Mario Ninanne, ornithologue et président de la Commission Ornithologique de Watermael-Boitsfort (COWB), est tout à la fois motivé et inépuisable quand il s’agit de guider le public ! Et comme tous les premiers dimanches du mois, notre cicérone emmène une foule d’amateurs à la découverte de l’avifaune aux abords de la forêt de Soignes…

Mario9h30, le rendez-vous est fixé devant l’étang de Boitsfort. Une quinzaine de personnes sont rassemblées autour de notre guide qui ne tarit pas en explications sur les oiseaux d’eau qui fréquentent le plan d’eau, l’un des plus intéressants de la capitale pour les oiseaux. Grand cormoran, grèbes huppé et castagneux, foulque macroule, fuligule morillon… barbotent sur l’eau à la recherche qui de poissons, qui de minuscules insectes ou de végétation lacustre. « Ici comme sur les étangs du Rouge-Cloître, nous pouvons également observer le martin-pêcheur qui survole les étangs mais niche probablement quelque part en forêt de Soignes où nous allons nous rendre à présent, enchaine Mario »

Changement de décor avec les longs fûts rectilignes de la hêtraie cathédrale où un concert attend les ornithologues en herbe qui ne savent plus où pointer leurs oreilles : troglodyte, fauvette à tête noire, mésanges de toutes sortes, rouge-gorge, pigeon colombin, grimpereau des jardins et même l’impressionnant pic noir s’y sont donné rendez-vous en se faisant concurrence… En moins de 5 minutes d’écoute attentive, une vingtaine d’espèces différentes sont recensées !

Une avifaune diversifiée

La forêt est riche en sonorités dès la fin de l’hiver, reflet d’une avifaune variée mais pas toujours facile à observer. Et notre guide a beau avoir des yeux de faucons, en forêt ils ne suffisent pas toujours à « dénicher » les volatiles dans les frondaisons des arbres … « La connaissance des chants est essentielle pour recenser les oiseaux et réaliser les inventaires printaniers mais il faut aussi s’intéresser à leurs cris que l’on peut entendre à toutes les saisons », explique Mario, toujours aux aguets d’une observation. Et comme pour appuyer ses propos, un pinson des arbres au plumage éclatant à peine visible aux jumelles passe rapidement au-dessus du groupe en criant…
Tous les étages de la forêt sont occupés : troglodyte et accenteur dans les tas de bois et les ronciers au niveau du sol ; merles et grives dans les branchages des arbres de taille moyenne ; mésanges, pics, sitelle torchepot et chouette hulotte dans les cavités; gros-bec casse-noyaux, buse, bondrée et faucons dans la canopée. Et plus les habitats sont composés d’arbres d’âge et d’espèces différentes, plus grande est la diversité en espèces : roitelets, mésange noire, mésange huppée dans les conifères ; tarin dans les aulnaies marécageuses, pouillot fitis dans les zones plus ouvertes… et plus récemment le pic mar, un nouveau venu qui a colonisé les vieilles chênaies.

Des hauts et des bas…

Mais cette avifaune a subit d’importantes fluctuations au cours des 20 dernières années et si certaines espèces se portent bien, d’autres ont malheureusement quitté la scène ornithologique… « Le pouillot siffleur était probablement l’oiseau qui représentait le mieux la forêt de Soignes par le passé, développe Mario, mais il a subitement disparu à la fin des années quatre-vingt, sans que l’on n’en connaisse vraiment les causes et sans que son habitat n’ait en apparence été modifié… ». Le récent Atlas des oiseaux nicheurs de Bruxelles (°) confirme ce déclin : il ne subsiste plus actuellement que 2 couples sur les 100 à 170 cantons recensés durant la période 1989-1991.

 

Parmi les causes possibles de raréfaction de cet oiseau nichant au sol, les scientifiques mettent en avant la fréquentation des promeneurs, la divagation des chiens, l’augmentation des prédateurs (renard, corneille… et à présent aussi sanglier)... D’autres oiseaux insectivores ont subi le même sort comme le pipit des arbres, le rouge-queue à front blanc et le coucou gris, de sorte qu’on peut se demander si la composition qualitative et quantitative en insectes nourriciers ne se serait pas modifiée ces dernières années. La question reste posée…

Les oiseaux sont une source inépuisable d’émerveillement et toutes les saisons sont favorables pour les observer. Enfilons nos bottines et nos jumelles… et partons à leur découverte. Bonnes observations !


> Infos : Commission Ornithologique de Watermael-Boitsfort  - www.cowb.beinfo@cowb.be – 02/672 88 03.
> Vous trouvez toutes les promenades organisées par la COWB dans l'agenda de la plateforme.
> Pour continuer : (°) Weiserbs, A. & Jacob J.-P. (2007). Oiseaux nicheurs de Bruxelles 2000-2004 : répartition, effectifs, évolution. Aves, Liège, 292 pages.

Texte : Franck HIDVEGI
Photo : Jules Fouarge

 

Par Franck Hidvegi - Dernière modification 01/12/2009 16:07
Actions sur le document